L’ouverture du cœur, clef d’accès à la conscience

Longtemps, j’ai cru que l’ouverture du cœur désignait une qualité d’être, une façon de se comporter particulièrement morale ou charitable, empreinte de bienveillance envers le monde.

Cela me semblait souhaitable, bien sûr — qui dirait le contraire ? — mais cela restait en dehors de mon expérience physique, matérielle, du monde. Et lorsque dans un stage de développement personnel, de Tantra (couple ou pas), ou de psychologie biodynamique, l’animateur ou les participants mentionnaient l’ouverture du cœur, j’avais tendance à décrocher, un peu comme si on entrait là dans une sorte de rhétorique du développement personnel qui m’ennuyait, désireux que j’étais de recevoir le « vrai » message, débarrassé de ses fioritures que j’assimilais à la panoplie en quelque sorte obligatoire en usage dans ce milieu.

Relier le sexe et le coeur

Puis, un jour, l’animateur d’un stage de Tantra nous a proposé de placer nos mains juste au-dessus du cœur et du sexe de notre partenaire, couché sur le sol, et de rester sans bouger pendant une quinzaine de minutes. Après quelques instants, Sabrina s’est mise à trembler de tout son corps, au point que j’avais l’impression qu’elle ne tarderait pas à s’élever au-dessus du sol, à léviter. Pendant ce temps, je ressentais à l’intérieur de mon corps de forts courants de chaleur circuler entre les deux mains. Les bras et les mains sont gouvernés par le cœur, m’avait appris la Biodynamique.

Ressentir son cœur

Une autre fois, le groupe d’étudiants-thérapeutes auquel j’appartenais concluait un stage de quatre jours en cercle, main dans la main. Je me souviens très bien avoir ressenti une suite de fortes pulsations survenir d’abord dans la main gauche puis, juste après, dans mon cœur et enfin dans ma main droite. Et cela se poursuivit toute la durée du cercle de clôture.

J’appris aussi lors d’un autre stage comment ouvrir ou fermer mon cœur à volonté, et comment ressentir si le cœur de mon partenaire était ouvert ou fermé. A ce stade, cela faisait déjà un petit moment que je ressentais la présence de mon cœur à l’intérieur de mon torse, ainsi que ses battements.

Interagir avec son coeur

Toutes ces expériences, et bien d’autres, m’ont peu à peu amené à comprendre que l’on pouvait interagir avec son cœur, de la même façon que l’on décide de plier ses jambes ou ses bras, comme d’ouvrir ou fermer sa main. J’ai aussi découvert que mon humeur était impactée par l’action entreprise sur mon cœur. Autrement dit, lorsque je pratique des exercices d’ouverture du cœur, non seulement je sens mon cœur s’ouvrir à l’intérieur de ma poitrine, mais je suis aussi plus sensible et plus doux qu’en temps normal, et j’entre différemment en relation avec mon entourage — même avec les animaux !

Monter et descendre la flûte intérieure

Par exemple, j’ai consacré tous les matins un temps à méditer en lien avec les chakras, en remontant la flûte intérieure du premier au septième tout en m’attachant à rester présent aux chakras précédant celui dans lequel je respirais. Lorsque j’arrivais au chakra du cœur, j’étais donc en relation avec les trois premiers en même temps qu’avec le quatrième, et je consacrais plus de temps à celui-ci qu’aux autres. Après avoir respiré dans le septième chakra, je parcourais de nouveau la flûte intérieure du septième au premier, toujours en consacrant un temps plus long au chakra du cœur qu’aux autres. Je procédais ainsi chaque matin à trois « montées » et à trois « descentes » de la flûte intérieure.

Le cœur, porte de l’intuition

Pendant cette période, je me souviens très bien avoir été beaucoup plus sensible qu’habituellement, et avoir plus facilement suivi mes élans du cœur dans ma vie quotidienne. Cela m’a ouvert de nouvelles perspectives en massage ou lorsque je reçois des patients en thérapie ; à partir de ce moment, j’ai commencé à parler ou agir en séance en fonction d’un élan intérieur non rationnel, une forme d’intuition dont je suivais le courant sans chercher à le comprendre d’abord, comme cela aurait été mon premier mouvement auparavant.

Les pratiques tantriques d’ouverture du cœur

Lorsque je me suis centré sur mon cœur avant de débuter un massage tantrique, tous les aspects de mon toucher sont différents, et, là encore, je suis un mouvement intérieur non réfléchi, qui est celui de mon intuition, qui peut m’amener par exemple à privilégier une zone particulière du corps, à en éviter une autre, ou à modifier mon rythme ou ma pression. Je ne me dis pas « je ressens qu’il faudrait passer plus de temps ici ». Je me laisse ressentir ou agir sans pensée préalable, sans formuler. Les retours des personnes que je masse sont unanimement positifs au sujet de mon toucher ou de ma sensibilité.

C’est pour cela que Sabrina et moi avons tant « à cœur » d’enseigner de nombreuses pratiques d’ouverture du cœur pendant nos stages de Tantra couple : un massage réalisé le cœur ouvert a un effet beaucoup plus profond sur la personne massée et sur le masseur lui-même. Il n’est d’ailleurs pas rare que l’un ou l’autre pleure. Etre « dans le cœur » a aussi pour effet d’éviter au masseur d’être tenté d’outrepasser les limites fixées. Le respect mutuel va de soi, car la personne se situe d’emblée dans un espace différent, où la frontière qui la sépare de l’autre s’efface. L’altérité disparue, le désir sexuel ne trouve plus à s’épanouir.

Faire l’amour le cœur ouvert

Dans cette bulle énergétique, ce que je fais à l’autre c’est à moi que je le fais car nous formons une seule entité, un peu comme si nous avions fusionné pour un temps. On comprend dès lors que les rituels d’ouverture et de fermeture de la bulle revêtent une importance particulière : le Namasté du début et celui de la fin n’ont rien de décoratif mais sont au contraire essentiels.

Bien entendu, ouvrir son cœur a également un effet direct sur la façon de faire l’amour. Tous les gestes gagnent en profondeur, sont à la fois plus doux, plus intenses et plus posés. Mais c’est avant tout le ressenti des deux partenaires qui se modifie : le plaisir change de degré et presque de nature, le sentiment affleure à chaque instant, et la douceur envahit les amants. La capacité à relier le cœur et le sexe ouvre aussi potentiellement à une jouissance d’un niveau plus élevé, plus complet et plus subtil.

Le cœur, clef d’accès à la conscience

Lorsque le sexe et le cœur sont connectés, il est plus facile de lâcher prise complètement, ce qui ouvre la porte à d’autres manifestations de plaisir, comme les vibrations ou les tremblements, la perception d’images, de formes ou de couleurs, les montées de kundalini, l’irruption spontanée du rire ou de larmes, voire les fontaines. Dans ces épisodes de lâcher-prise total, on approche de l’extase ou de l’orgasme divin tel que le décrit par exemple Margo Anand. Et l’on donne une nouvelle signification à la phrase de Saint-Exupéry : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »

C’est finalement en lisant le dernier livre de Thierry Janssen, Ecouter le silence à l’intérieur, et en pratiquant la méditation qu’il propose, que j’ai réellement pris conscience que l’ouverture du cœur représente la clef d’accès privilégiée à la Conscience universelle, c’est-à-dire à l’énergie divine. Bien loin d’une « fioriture », l’ouverture du cœur constitue au contraire le fameux message principal à la recherche duquel je m’étais lancé.

Rien de plus normal si l’on y réfléchit, puisque l’énergie cosmique dont nous participons est une énergie d’amour universel inconditionnel.

 

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