Ce que le tantra m’a apporté

Il y a une définition du tantra par personne… Alors peut-être que le mieux est de partager ce que le tantra m’a apporté, en tant que personne, à ma relation avec les hommes, avec les femmes et bien entendu à mon couple.

Ce que le tantra m’a apporté

J’ai d’abord suivi un chemin régulier et assidu où le tantra m’a d’abord permis de mieux me connaître et même de découvrir certaines parties de moi. Il a aussi renforcé mon lien amoureux et changé mon rapport aux hommes et aux femmes.

Dans un second temps m’est venue l’envie, pour ne pas dire le besoin, de transmettre ma pratique à d’autres, hommes et femmes, dans l’espoir de leur apporter ce que le tantra m’a apportée – ce qu’ils n’osent imaginer dans/de leur vie, ce qu’ils désirent au fond d’eux-mêmes de plus précieux.

La remise en cause de mes automatismes

Les stages auxquels j’ai participé étaient d’abord récréatifs, puis plus impliquants. Certaines structures ont été difficiles à intégrer et m’ont beaucoup interrogée tant elles remettaient en cause certains automatismes bien ancrés en moi.

Au sujet du comportement que j’adoptais par exemple. J’ai pu constater à quel point, lorsque j’étais en stage (et donc par extension dans la vie au quotidien), il était important pour moi de bien paraître. Alors je prenais soin de mon apparence, maquillage, coiffure et vêtements. Je me mettais dans une position où il fallait que je sois plaisante, au sens propre du terme. Je ne souhaitais pas pour autant être séductrice.

Mais, je me mettais moi-même dans une situation où ma relation avec les autres était fléchée « je dois être jolie, agréable à regarder, et pourquoi pas séduisante ». C’était un incontournable, comme un pré-requis dès lors que j’entrais en relation avec autrui.

J’entre dans une dimension profonde de la relation à l’autre

Aujourd’hui grâce au tantra, je reste une femme qui prend soin d’elle mais c’est devenu un plaisir personnel dont je suis consciente et auquel je peux passer outre quand bon me semble. Et surtout je ne vois plus mon apparence comme la partie importante de ma personne. Je me donne la liberté d’entrer en relation avec les autres dans une dimension bien plus profonde, authentique et enrichissante. Comment en suis-je arrivée là ?

Eh bien voilà : le tantra a de magnifique qu’il place les personnes face à elles-mêmes et c’est ainsi que j’ai été amenée à accueillir les difficultés que certain(e)s livraient au groupe. En société, lors d’un cocktail, une soirée, un diner, on livre bien souvent ce qu’il y a de plus superficiel, et surtout ce que l’on souhaite faire apparaître de soi, souvent ce qui semble le plus honorable.

Le rôle social que nous avons créé et qui nous amène à ne plus savoir qui nous sommes en vérité. Cela n’est pas sans rappeler le faux self de Donald W. Winnicott ou encore la persona de Gustav Jung. D’ailleurs, le mot persona désigne également le masque que se mettent certains acteurs de théâtre pour se donner l’apparence du personnage qu’ils incarnent.

Livrer aux autres ce qu’il y a de plus précieux de nous

Participer à un stage de tantra est une vraie démarche et si les premières heures, nous pouvons nous sentir un peu tendus, les exercices, leur densité et leur enchainement nous amènent à vite laisser tomber le masque. Et c’est ce qu’il y a de merveilleux. Nous livrons à nous-mêmes et aux autres ce qu’il y a de plus profond et de plus précieux de nous.

C’est ainsi que j’ai pu découvrir à quel point je pouvais créer des liens forts avec d’autres tantrikas, hommes et femmes, à dix mille lieues de tout rapport de séduction. Juste en étant moi-même, avec ma sensibilité authentique.

J’ai découvert la sensibilité des hommes

Et pour en arriver là, je suis d’abord allée à la rencontre de moi. Dès lors, un poids énorme, que je m’imposais et dont j’étais finalement responsable, s’est allégé. J’ai découvert le plaisir d’être appréciée pour ce que je suis et non pas pour ce que je semble être.

Lors de ces stages, j’ai découvert la sensibilité des hommes, à quel point ils pouvaient être porteurs de souffrances et empreints de nuance. Leur vulnérabilité mise à nu m’a souvent émue et parfois même bouleversée. Ma peur des hommes s’est atténuée pour laisser place à un lien apaisé, exempt de colère.

J’ai découvert l’homosensualité

J’ai observé un nouveau lien aux femmes et vécu des moments d’une extrême intensité, quels que soient leur âge, leur origine, leur parcours social, leur milieu culturel et leur croyance ou non religieuse. Leur courage à oser partager des sujets intimes et de s’engager dans certains exercices impliquants m’a permis d’en faire autant.

J’ai découvert la délicatesse de mon propre toucher de femme

J’ai apprécié la relation de sororité entre nous, la bienveillance féminine, la douceur du toucher, ce yin qui fait tant de bien. J’ai découvert l’homosensualité, expression que l’on doit à Jacques Lucas et Marisa Ortolan. Et qui n’a rien à voir, malgré une certaine consonance phonétique, avec l’homosexualité.

En recevant le toucher délicat et tendre des femmes, j’ai pris conscience de la délicatesse et de la tendresse de mon propre toucher de femme.

Le travail sur moi a porté ses fruits dans ma relation amoureuse

Ainsi, grâce aux différentes structures que j’ai pratiquées en tantra, j’ai pu :

  • Apprendre à développer ma sensibilité ;
  • A dire non, à dire oui, à me respecter, à respecter les autres ;
  • A à mieux me connaître en appréciant mes forces et en acceptant mes faiblesses ;
  • Apprécier de vivre le présent et ne pas passer à côté de ma vie ;
  • Développer ma qualité d’écoute, de bienveillance et oser le partage avec les autres ;
  • Apprécier d’être authentique, ne plus porter de masque et ne plus faire semblant ;

Tout ce travail fait sur moi a porté ses fruits dans ma relation amoureuse avec Guillaume. Bien entendu que le tantra est une démarche individuelle avant tout où j’ai développé une meilleure compréhension de ma sexualité et une plus grande aptitude à la spiritualité. Et ce double avancement a évidemment eu un impact positif sur mon couple. Celui-ci s’en est trouvé renforcé.

Qu’il est bon de se laisser porter  !

Aussi, certains exercices partagés avec Guillaume m’ont permis de mieux le comprendre, d’autres de l’aimer encore et encore davantage, d’autres de lui témoigner de mon amour, d’autres d’apprécier à quel point Guillaume m’aime, d’autres à quel point nous tenons à notre union…

Et si tout ceci peut sembler bien cérébral, le tantra m’a sensibilisée au fait que tout n’est pas forcément démontrable. La vie se limiterait-elle à une démonstration rationnelle de type Observation + Hypothèse + Expérience + Résultat = Conclusion ?

Le Tantra, ferment pour moi et mon couple

Qu’il est bon de se laisser porter sans tenter d’expliquer ! Pourquoi lorsque nous devenons parents, il est une évidence que nous donnerions notre vie entière à ce petit être ? Que ce sentiment perdurera jusqu’à notre mort ? Pourquoi, s’il est en souffrance, nous donnerions n’importe quoi pour prendre la sienne ? Aucun parent ne contredirait ce sentiment d’amour infini et n’attendrait d’ailleurs une quelconque explication à cela.

Le tantra, ne s’explique pas, il se vit et se partage. Pour ma part, je ne peux concevoir ma vie sans tantra, il est un ferment pour moi et pour mon couple.

Note : « En sanskrit, le mot « Tantra » signifie tissage, expansion, fusion, et renvoie aux liens infinis que l’on peut tisser avec soi, avec l’autre, avec l’univers. « Tan » signifie ‘Tendre’ et « Tra » ‘méthode, règle, traité’. La pratique du tantra remonte à la nuit des temps et est née en Inde avant que les Aryens ne l’envahissent. Le tantra travaille sur l’équilibre des énergies et des polarités yin et yang présentes en chacun de nous, que nous soyons hommes ou femmes. Il allie sexualité et spiritualité, on le glose souvent par ‘le yoga de l’amour’, il est ce qui permet à l’énergie de vie d’atteindre le spirituel, voire le Divin ».

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