L’éveil de la kundalini : une expérience à vivre

Sensation d’un électrochoc dans le bas du dos, courant frais qui traverse la colonne, sensation d’une plus grande énergie, désir sexuel grandissant, contact plus profond avec la nature et l’univers, vision d’une lumière blanche, jaune, bleue, pulsation de cette lumière vers l’au-delà, augmentation de la température corporelle, frissons sur la peau, vibrations et tremblements corporels… Quel bonheur ! La vie mérite d’être vécue rien que pour cela !

La Kundalini, c’est comme l’orgasme : lorsqu’elle nous traverse, on sait que c’est elle.

Lorsque la kundalini est activée, grâce notamment à une approche tantrique, elle remonte le long de la colonne vertébrale, soit du canal énergétique central, en partant du sacrum jusqu’à la fontanelle ou au-dessus de la tête, chakra après chakra. Un peu comme si la colonne vertébrale était un système électrique, où une lumière s’allumait à chaque chakra, du 1er au dernier, soit du sacrum au sommet du crâne, avant de se diffuser librement dans l’ensemble du corps.

On représente la Kundalini sous différentes formes :

  • Une pile qui nous donne l’énergie nécessaire pour atteindre une autre dimension ;
  • Une route tracée qui a besoin d’un conducteur pour mener vers l’éveil spirituel ;
  • Une énergie libidinale qui sommeille en nous ;
  • Une corde avec des milliers de fils ;
  • Un éclair qui nous traverse et qui nous amène à nous dépasser ;
  • Un serpent dans toute sa puissance, parfois enroulé autour du 1er chakra, dit le chakra racine ;

Et on la surnomme « le pouvoir du serpent » ou encore « la Déesse endormie » car la kundalini est synonyme d’énergie féminine dénommée Shakti dans l’hindouisme.

Nous avons tous en nous l’énergie kundalini, mais nous ne savons pas forcément comment l’éveiller.

Alors, comment activer la kundalini ?

De différentes manières. L’état dans lequel vous vous trouvez est essentiel. Il ne faut pas que vous soyez pressé(e) ! C’est un peu comme quand on cherche à atteindre l’orgasme tout de suite… Il faut laisser le temps au temps. Et surtout mettez de côté toutes les pensées négatives qui viennent polluer votre esprit. Soyez présents à vous. Purifiez votre corps en ayant auparavant suivi une alimentation saine, végétarienne, légère et non accompagnée d’alcool et offrez-vous un moment pour vous.

Voici quelques pistes :

  • Rapprochez-vous de la nature et du sol en particulier. Marchez pieds nus en ressentant la charge énergétique de la terre mère, sur le sable, sur l’herbe, de la terre. Vous pouvez également vous inspirer d’autres éléments pour lesquels vous vous sentez proches, comme le feu, en vous mettant nu(e) face à un feu de cheminée, un poêle en hiver, ou à un soleil printanier ou estival. Vous pouvez vous fondre dans l’air d’un vent d’automne. Ou encore vous plonger dans de l’eau en étant nu(e) de préférence pour décupler les sensations de cet élément somptueux sur votre corps ;
  • Relâchez votre corps en respirant profondément. Soyez souples, détendu(e)s. Si la respiration longue et profonde ne vient pas facilement, insistez sur l’inspiration et l’expiration suivra toute seule ;
  • Visualisez votre colonne vertébrale puis votre dos en relâchant toutes les tensions ;
  • Ressentez vos différents centres d’énergie ou chakras en partant du premier (situé au niveau du périnée) jusqu’au dernier qui se trouve au somment de la tête ;
  • Laissez votre corps vibrer, soyez le tremblement. Vous pouvez fermer les yeux, ou les ouvrir. Vous pouvez être allongés ou debout. Soyez dans la bonne position pour vous. Si vous êtes debout, vous pouvez danser. Votre corps doit se mouvoir comme bon lui semble ;
  • Fermez les yeux et restez tranquilles. Visualisez votre intériorité. Mettez-vous en position de témoin de votre richesse intérieure ;
  • Purifiez votre esprit en vous mettant dans un état de gratitude face à ce que notre terre nous offre de magique et purifiez ainsi votre esprit. C’est pourquoi il est conseillé de s’habiller tout de blanc ;

Le Tantra et la kundalini

Ces quelques étapes décrivent l’état de corps et d’esprit propices liminaires à l’éveil de la kundalini. Toutefois, il paraît difficile d’activer la kundalini d’une part sans une pratique régulière, d’autre part sans être guidé(e).

Pour cela, il existe différentes propositions : le kundalini yoga qui utilise des séries qui ont un objectif précis appelées kriyas (cf. Fédération française de kundalini yoga sur https://ffky.fr), le tantra, le massage tantrique, la relaxation, la méditation telle que les méditations actives d’Osho, les postures actives, passives, les visualisations, les chants, les mantras, les postures dynamiques avec un travail d’harmonie sur le souffle, le rythme, l’intériorisation et l’élévation…

L’objectif étant de libérer les chakras, voire de les nettoyer. Parfois, des gênes ou des douleurs telles de la transpiration, des crampes, des vocalisations non contrôlées peuvent survenir. La conséquence finale étant l’obtention d’un équilibre physique et spirituel, ou encore d’un système immunitaire renforcé, d’un système d’auto-guérison activé, d’un système émotionnel pacifié débarrassé de stress ou d’angoisse, d’une masse musculaire tonifiée, d’une sensation de force physique et mentale. La découverte de la kundalini permet de mieux connaître son moi profond, son pouvoir de sexualité et d’amour, y compris l’amour de l’autre et de la vie. Elle éveille l’élévation de la conscience et de nouvelles perceptions de vie teintées d’optimisme et de joie de vivre.

Une expérience à vivre et à revivre !

 

 

Vivre une sexualité riche et épanouissante avec le Tantra

Le Tantra ne constitue pas une thérapie de couple ni un répertoire de positions sexuelles. Mais l’importance qu’il accorde à la conscience, au désir et à la sexualité en fait une source d’inspiration bénéfique pour le couple désireux de s’épanouir.

En sexualité, c’est la déception qui domine

Bien souvent, lorsque des couples évoquent leur sexualité quotidienne, c’est la déception qui domine : « il va trop vite », « elle n’a jamais envie » sont des jugements fréquemment entendus.

Pourtant, lorsque les mêmes couples racontent la période qui a suivi leur rencontre, leurs yeux s’illuminent à l’évocation de leurs folles nuits (et journées) d’amour. Alors, au contraire, ils avaient tous les deux « tout le temps » envie de faire l’amour, et la question de la durée ne se posait pas dans les mêmes termes.

Vivre une sexualité riche et épanouissante

Qu’est-ce qui a changé ? Le partenaire n’a plus l’attrait de la nouveauté et la vie quotidienne a repris ses droits sont les explications les plus courantes.

Un peu comme s’il n’y avait rien à faire, comme s’il fallait choisir entre se résigner à une sexualité décevante ou changer de partenaire… avant de rencontrer le même problème.

Je ne suis pas de cet avis.

Je crois au contraire qu’il est tout à fait envisageable de vivre une sexualité riche et épanouissante avec le même partenaire pendant de longues années, malgré l’habitude et malgré le quotidien.

Mais, c’est vrai, cela requiert d’y consacrer du temps et de l’énergie.

Je suis d’ailleurs persuadé que le pire ennemi de la sexualité dans le couple c’est cette idée qu’elle serait « naturelle », qu’elle « va de soi ». Je ne vois pas en quoi le sexe serait le seul domaine de notre vie où nous trouverions du plaisir sans effort préalable. Nous faisons tous la différence entre manger un plat préparé réchauffé au micro-ondes et déguster une préparation « maison » cuisinée avec amour : la seconde option demande plus de temps, mais elle procure beaucoup plus de plaisir que la première. En amour, c’est pareil. Faire l’amour en vitesse après le film et juste avant de s’endormir n’a pas la même saveur que si l’on a consacré du temps à se préparer, à préparer la chambre, et à se caresser longuement.

La sexualité est culturelle

La sexualité « naturelle », c’est celle des animaux, qui n’ont jamais beaucoup de temps pour ça à cause du risque encouru s’ils sont surpris par des prédateurs. Résultat, à quelques exceptions près, les mâles de la plupart des espèces animales éjaculent en 30 secondes environ. Chez l’homme, faire l’amour prend de multiples formes selon les époques et les lieux de vie : la sexualité est avant tout culturelle.

Rien à voir en effet entre ce que l’on devine des pratiques sexuelles de l’Empire romain en contemplant les fresques de Pompéi d’une part, et, d’autre part, en s’intéressant à l’époque Victorienne à Londres au XIXe siècle — où le vibromasseur fut inventé afin de traiter médicalement les femmes dites « hystériques » en évitant aux médecins les douleurs au poignet provoquées par le succès de leur traitement manuel, qui consistait à les masturber.

Sexualité sacrée et sexualité profane

De nombreuses cultures ont attribué une place prééminente à la sexualité, en la sacralisant, considérant qu’elle relevait d’une pratique spirituelle. L’amour physique y était valorisé, considéré comme un bienfait ou tout au moins une pratique désirable. C’est le christianisme, avec Saint Augustin, qui a institué une séparation nette entre le spirituel et le sexuel, et qui a condamné la sexualité en la dépréciant et en la qualifiant de « péché ». On ne pouvait être un bon chrétien et faire l’amour sans culpabilité.

La réflexion, la lecture, la prière et les joies de l’esprit sont valorisées. Le corps, le plaisir, la jouissance, sont au contraire coupables et à certaines époques poursuivis par l’Inquisition qui accusait de sorcellerie les femmes sexuellement épanouies, leur reprochant de coucher avec le diable.

L’influence du christianisme en Occident ayant perduré jusqu’au début du XXe siècle (et l’Inquisition n’étant abolie qu’au début du XIXe), il n’y a finalement rien d’étonnant à ce que la sexualité soit encore vécue de nos jours comme un désir qu’il convient d’assouvir au plus vite, de la même manière que l’on s’acquitte des autres besoins naturels du corps, tandis que les aspects intellectuels de la vie sont considérés prioritaires.

Autrement dit, le travail et la vie sociale sont plus importants pour nos contemporains au mode de vie majoritairement urbain que la vie intime, familiale et conjugale, en particulier sexuelle.

Eloge de la masturbation

S’ajoutent à ces facteurs de dévalorisation de la vie sexuelle la manière déplorable dont est perçue la masturbation chez l’homme et la femme. Pour la plupart, les caresses intimes ont d’abord été pratiquées en cachette et en vitesse, avec comme objectif premier d’éviter de se faire surprendre par les parents. Des conditions qui ne sont pas propices à l’apprentissage d’un plaisir sexuel serein et décomplexé.

Il en reste aussi l’idée répandue que la pratique de la masturbation à l’âge adulte est compréhensible chez les célibataires, mais incongrue pour une personne qui vit une relation amoureuse. Par exemple, les femmes qui témoignent de leur sexualité dans le Rapport Hit sont nombreuses à dire qu’elles éprouvent un plaisir sexuel très fort à se masturber, mais ne parviennent pas à se défaire d’un sentiment de culpabilité tout aussi fort, qui leur fait parfois renoncer aux caresses sur de longues périodes et malgré la tension due au manque sexuel.

Or la masturbation constitue la meilleure manière d’apprendre comment réagit son corps aux stimulations des zones érogènes, d’apprendre à jouer avec ces stimulations, à repérer les signaux corporels annonciateurs de l’orgasme, à prolonger le plaisir au maximum, jusqu’à jouir de tout son corps.

Bien sûr, cela demande du temps : d’abord parce que prolonger le plaisir, c’est long, et ensuite parce qu’il faut de nombreuses séances de masturbation pour développer son expertise de soi. Pour mener ces découvertes et en profiter vraiment, il faudrait dans l’idéal se trouver dans l’esprit de curiosité sans jugement propre aux enfants, et bénéficier d’une totale sécurité pendant que l’on va ainsi à la découverte de son corps.

Quel enfant, quel adolescent a connu une telle sécurité ?

La sexualité des femmes négligée

Tous ces facteurs amènent la plupart de nos contemporains à vivre une sexualité rapide, négligée, qui ne leur procure que le plaisir bref d’avoir déchargé une tension.

Et encore, pas à tout le monde ! En effet, cette brièveté constitue la cause principale du désintérêt pour le sexe que les hommes reprochent souvent aux femmes.

Celles-ci se sentent quant à elles négligées par leur partenaire, qui arrête de faire l’amour après avoir éjaculé, même lorsqu’elles ne sont pas encore parvenues à l’orgasme de leur côté. Tout se passe comme si l’homme cherchait à se satisfaire au plus vite en oubliant sa partenaire au passage.

Cette façon d’être ensemble ne favorise évidemment pas l’épanouissement du couple.

Comment, alors, sortir de cette situation, et trouver le chemin d’un plaisir sexuel partagé au sein du couple ?

Sacraliser la relation sexuelle

La façon tantrique d’aborder cette question consiste à sacraliser la relation sexuelle.

Sacraliser, c’est-à-dire, finalement « donner de l’importance à ». Au lieu de faire l’amour en vitesse, il s’agit par exemple de prendre le temps de préparer le lieu et de se préparer soi-même, en conscience, c’est-à-dire en se concentrant sur ce que l’on fait et pourquoi on le fait.

Préparer la chambre en vue de faire l’amour, c’est prendre le temps d’y penser, d’imaginer quelle décoration mettre en place, de la disposer, de placer des bougies ici ou là, de choisir les tissus disposés au sol ou aux murs, etc. Pendant que je me prépare, je me nettoie dans les moindres recoins et que je me parfume peut-être, je suis centré sur moi-même et je pense à la façon dont je vais accueillir mon aimée tout à l’heure.

Une fois ma partenaire présente, je prends le temps de la recevoir, de la regarder, la serrer dans mes bras, la déshabiller lentement, etc.

Ralentir le rythme quand il accélère

Ensuite, lorsque viennent les caresses, il s’agit là encore de prendre du temps, de ne pas se précipiter, et même de ralentir si le rythme s’accélère. Et, toujours, de rester conscient de ce qui se passe pour chacun, de ce que chacun ressent dans son corps.

Aux caresses superficielles succèdent les caresses profondes puis la pénétration. Mais chacun de ces temps est étiré en longueur, et tout est ralenti. Par exemple, lorsqu’intervient la pénétration, l’homme ne bouge pas son sexe dans celui de la femme. Il attend, jusqu’à ce que la femme prenne l’initiative du mouvement et décide de son rythme.

Cette attente, qui peut être longue, permet aux partenaires de se concentrer sur leurs sensations sans les noyer dans un surplus de stimulations. Elle calme aussi l’excitation du sexe masculin et repousse à plus tard l’éjaculation.

Lorsque les mouvements débutent, ils sont initiés et contrôlés par la femme, guidée par son propre plaisir au lieu de l’être par celui de son partenaire. Ces mouvements ne sont pas systématiquement des allers-retours, et cela contribue aussi à retarder l’éjaculation et à prolonger les ébats.

Et la femme interrompt parfois ses mouvements afin que les partenaires reviennent à l’attente méditative qui a suivi la première pénétration.

Devenez l’amour !

Et ainsi de suite… Il s’agit à tout instant de privilégier la durée, de retenir les stimulations trop fortes qui déclenchent l’éjaculation pour les remplacer par l’excitation du début de l’étreinte, et de toujours rester en conscience de ce qui se passe et en relation avec son partenaire.

« Au commencement de l’union sexuelle, gardez votre attention sur le feu du début et ainsi tout en continuant, évitez les braises de la fin », cite Osho, qui dit aussi « dans l’étreinte, devenez l’étreinte, devenez le baiser. […] Devenez l’amour ! Et entrez dans la vie éternelle. […] L’amour peut se transformer en une profonde méditation […] Tantra signifie ceci transformer l’amour en méditation. »

Sans forcément parvenir jusque-là, le simple fait de redonner toute l’importance qu’il mérite à l’acte d’amour, de s’y consacrer pleinement, permet de faire revenir le plaisir et la détente profonde au sein du couple, et aux partenaires de se laisser à nouveau inonder par le bien-être ensemble.

Un couple qui fait régulièrement l’amour en conscience et avec plénitude est un couple apaisé, serein, qui connaît beaucoup moins de tensions et qui se satisfait d’être ensemble sans chercher de stimulations à l’extérieur.

Ce que le tantra m’a apporté

Il y a une définition du tantra par personne… Alors peut-être que le mieux est de partager ce que le tantra m’a apporté, en tant que personne, à ma relation avec les hommes, avec les femmes et bien entendu à mon couple.

Ce que le tantra m’a apporté

J’ai d’abord suivi un chemin régulier et assidu où le tantra m’a d’abord permis de mieux me connaître et même de découvrir certaines parties de moi. Il a aussi renforcé mon lien amoureux et changé mon rapport aux hommes et aux femmes.

Dans un second temps m’est venue l’envie, pour ne pas dire le besoin, de transmettre ma pratique à d’autres, hommes et femmes, dans l’espoir de leur apporter ce que le tantra m’a apportée – ce qu’ils n’osent imaginer dans/de leur vie, ce qu’ils désirent au fond d’eux-mêmes de plus précieux.

La remise en cause de mes automatismes

Les stages auxquels j’ai participé étaient d’abord récréatifs, puis plus impliquants. Certaines structures ont été difficiles à intégrer et m’ont beaucoup interrogée tant elles remettaient en cause certains automatismes bien ancrés en moi.

Au sujet du comportement que j’adoptais par exemple. J’ai pu constater à quel point, lorsque j’étais en stage (et donc par extension dans la vie au quotidien), il était important pour moi de bien paraître. Alors je prenais soin de mon apparence, maquillage, coiffure et vêtements. Je me mettais dans une position où il fallait que je sois plaisante, au sens propre du terme. Je ne souhaitais pas pour autant être séductrice.

Mais, je me mettais moi-même dans une situation où ma relation avec les autres était fléchée « je dois être jolie, agréable à regarder, et pourquoi pas séduisante ». C’était un incontournable, comme un pré-requis dès lors que j’entrais en relation avec autrui.

J’entre dans une dimension profonde de la relation à l’autre

Aujourd’hui grâce au tantra, je reste une femme qui prend soin d’elle mais c’est devenu un plaisir personnel dont je suis consciente et auquel je peux passer outre quand bon me semble. Et surtout je ne vois plus mon apparence comme la partie importante de ma personne. Je me donne la liberté d’entrer en relation avec les autres dans une dimension bien plus profonde, authentique et enrichissante. Comment en suis-je arrivée là ?

Eh bien voilà : le tantra a de magnifique qu’il place les personnes face à elles-mêmes et c’est ainsi que j’ai été amenée à accueillir les difficultés que certain(e)s livraient au groupe. En société, lors d’un cocktail, une soirée, un diner, on livre bien souvent ce qu’il y a de plus superficiel, et surtout ce que l’on souhaite faire apparaître de soi, souvent ce qui semble le plus honorable.

Le rôle social que nous avons créé et qui nous amène à ne plus savoir qui nous sommes en vérité. Cela n’est pas sans rappeler le faux self de Donald W. Winnicott ou encore la persona de Gustav Jung. D’ailleurs, le mot persona désigne également le masque que se mettent certains acteurs de théâtre pour se donner l’apparence du personnage qu’ils incarnent.

Livrer aux autres ce qu’il y a de plus précieux de nous

Participer à un stage de tantra est une vraie démarche et si les premières heures, nous pouvons nous sentir un peu tendus, les exercices, leur densité et leur enchainement nous amènent à vite laisser tomber le masque. Et c’est ce qu’il y a de merveilleux. Nous livrons à nous-mêmes et aux autres ce qu’il y a de plus profond et de plus précieux de nous.

C’est ainsi que j’ai pu découvrir à quel point je pouvais créer des liens forts avec d’autres tantrikas, hommes et femmes, à dix mille lieues de tout rapport de séduction. Juste en étant moi-même, avec ma sensibilité authentique.

J’ai découvert la sensibilité des hommes

Et pour en arriver là, je suis d’abord allée à la rencontre de moi. Dès lors, un poids énorme, que je m’imposais et dont j’étais finalement responsable, s’est allégé. J’ai découvert le plaisir d’être appréciée pour ce que je suis et non pas pour ce que je semble être.

Lors de ces stages, j’ai découvert la sensibilité des hommes, à quel point ils pouvaient être porteurs de souffrances et empreints de nuance. Leur vulnérabilité mise à nu m’a souvent émue et parfois même bouleversée. Ma peur des hommes s’est atténuée pour laisser place à un lien apaisé, exempt de colère.

J’ai découvert l’homosensualité

J’ai observé un nouveau lien aux femmes et vécu des moments d’une extrême intensité, quels que soient leur âge, leur origine, leur parcours social, leur milieu culturel et leur croyance ou non religieuse. Leur courage à oser partager des sujets intimes et de s’engager dans certains exercices impliquants m’a permis d’en faire autant.

J’ai découvert la délicatesse de mon propre toucher de femme

J’ai apprécié la relation de sororité entre nous, la bienveillance féminine, la douceur du toucher, ce yin qui fait tant de bien. J’ai découvert l’homosensualité, expression que l’on doit à Jacques Lucas et Marisa Ortolan. Et qui n’a rien à voir, malgré une certaine consonance phonétique, avec l’homosexualité.

En recevant le toucher délicat et tendre des femmes, j’ai pris conscience de la délicatesse et de la tendresse de mon propre toucher de femme.

Le travail sur moi a porté ses fruits dans ma relation amoureuse

Ainsi, grâce aux différentes structures que j’ai pratiquées en tantra, j’ai pu :

  • Apprendre à développer ma sensibilité ;
  • A dire non, à dire oui, à me respecter, à respecter les autres ;
  • A à mieux me connaître en appréciant mes forces et en acceptant mes faiblesses ;
  • Apprécier de vivre le présent et ne pas passer à côté de ma vie ;
  • Développer ma qualité d’écoute, de bienveillance et oser le partage avec les autres ;
  • Apprécier d’être authentique, ne plus porter de masque et ne plus faire semblant ;

Tout ce travail fait sur moi a porté ses fruits dans ma relation amoureuse avec Guillaume. Bien entendu que le tantra est une démarche individuelle avant tout où j’ai développé une meilleure compréhension de ma sexualité et une plus grande aptitude à la spiritualité. Et ce double avancement a évidemment eu un impact positif sur mon couple. Celui-ci s’en est trouvé renforcé.

Qu’il est bon de se laisser porter  !

Aussi, certains exercices partagés avec Guillaume m’ont permis de mieux le comprendre, d’autres de l’aimer encore et encore davantage, d’autres de lui témoigner de mon amour, d’autres d’apprécier à quel point Guillaume m’aime, d’autres à quel point nous tenons à notre union…

Et si tout ceci peut sembler bien cérébral, le tantra m’a sensibilisée au fait que tout n’est pas forcément démontrable. La vie se limiterait-elle à une démonstration rationnelle de type Observation + Hypothèse + Expérience + Résultat = Conclusion ?

Le Tantra, ferment pour moi et mon couple

Qu’il est bon de se laisser porter sans tenter d’expliquer ! Pourquoi lorsque nous devenons parents, il est une évidence que nous donnerions notre vie entière à ce petit être ? Que ce sentiment perdurera jusqu’à notre mort ? Pourquoi, s’il est en souffrance, nous donnerions n’importe quoi pour prendre la sienne ? Aucun parent ne contredirait ce sentiment d’amour infini et n’attendrait d’ailleurs une quelconque explication à cela.

Le tantra, ne s’explique pas, il se vit et se partage. Pour ma part, je ne peux concevoir ma vie sans tantra, il est un ferment pour moi et pour mon couple.

Note : « En sanskrit, le mot « Tantra » signifie tissage, expansion, fusion, et renvoie aux liens infinis que l’on peut tisser avec soi, avec l’autre, avec l’univers. « Tan » signifie ‘Tendre’ et « Tra » ‘méthode, règle, traité’. La pratique du tantra remonte à la nuit des temps et est née en Inde avant que les Aryens ne l’envahissent. Le tantra travaille sur l’équilibre des énergies et des polarités yin et yang présentes en chacun de nous, que nous soyons hommes ou femmes. Il allie sexualité et spiritualité, on le glose souvent par ‘le yoga de l’amour’, il est ce qui permet à l’énergie de vie d’atteindre le spirituel, voire le Divin ».

Divine Sexualité : un livre pour les couples qui s’intéressent au Tantra

Après vous avoir dévoilé mon film de chevet (La Source des femmes), voici mon livre de chevet : Divine Sexualité, paru en 2011. Pour être tout à fait complet, le titre du livre est accompagné du sous-titre Le corps… Une porte vers l’âme. Voilà un titre et un sous-titre prometteurs que nous soumet son auteure – Véronique Baudoux.

D’abord médecin généraliste, Véronique Baudoux s’est spécialisée en homéopathie, auriculothérapie, iridologie, médecine énergétique et a même découvert le Tantra.

Les thématiques traitées semblent être celles qui nous animent tous dès lors que nous entamons un travail sur nous-mêmes et que nous portons un intérêt particulier à notre sexualité et spiritualité :

  • L’enfance avec ses blessures et leur impact sur notre sexualité ;
  • Notre ombre et notre lumière et leur impact sur notre sexualité et nos fantasmes ;
  • Les énergies féminines et masculines présentes en chacun de nous ;
  • La route à parcourir en couple avec l’idée que notre relation sexuelle est notre source d’énergie.

Le style d’écriture a l’avantage de traiter – avec beaucoup de clarté – des sujets qui peuvent sembler a priori ésotériques (l’énergie, les chakras, la kundalini,…). Ainsi, l’ouvrage est tout à fait accessible aux lecteurs et lectrices novices dans le domaine du Tantra.

Un bémol : s’agissant d’un ouvrage relativement épais (263 pages au format A4), il aurait été bien qu’une bibliographie apparaisse rassemblant toutes les références littéraires auxquelles renvoie l’auteure. Mais surtout la lecture du livre aurait été grandement facilitée avec l’apparition d’un sommaire ou encore mieux d’une table des matières. C’est pourquoi je propose de vous livrer ci-dessous et d’un bloc, le fil conducteur de la narration :

  • Introduction
  • Chapitre 1. Notre sexualité blessée
  • Chapitre 2. L’ombre et la lumière
  • Chapitre 3. Nos fantasmes sexuels comme miroir de notre ombre
  • Chapitre 4. La réunification ombre-lumière
  • Chapitre 5. Energie masculine, énergie féminine
  • Chapitre 6. Quelle route à parcourir ensemble ?
  • Chapitre 7. Une sexualité extatique

Les chapitres montent en intensité et en profondeur. La lecture d’abord plaisante devient progressivement passionnante : comment cheminer d’une sexualité dite blessée vers une sexualité épanouie voire extatique ?

L’introduction

Celle-ci permet à l’auteure d’exposer son idée de réconcilier la Sexualité et la Spiritualité. Derrière l’aspect paradoxal d’une unification de ces deux polarités ne se cacherait-il pas un faux paradoxe ? Car en effet, l’une n’exclut pas l’autre, de même que la matière n’est pas incompatible avec l’esprit, ou encore le corps avec l’âme, les deux pouvant être un. 

Chapitre 1. Notre sexualité blessée

    1. L’empreinte socioculturelle
    2. Les blessures d’enfance : sept chakras, sept blessures
    3. Guérison des blessures et circulation de l’énergie
    4. Eveil de la « Kundalini »

Afin de sortir d’un état de souffrance, il convient mettre à sa conscience deux données qui altèrent notre capacité à jouer de notre corps : l’empreinte socioculturelle, composante collective, et les blessures issues de notre enfance, composante individuelle.

L’auteure décrit, pas à pas, l’empreinte socioculturelle culpabilisante qui se pose à et en nous à chaque étape de notre vie en tant que petit garçon ou petite fille, jeune homme ou jeune fille, puis homme ou femme. La mode, la pression esthétique plutôt pour les femmes, la performance plutôt pour les hommes, l’éducation répressive et j’en passe.

Baudoux part du célèbre livre de Lise Bourbeau, Les cinq blessures qui empêchent d’être soi-même. Mais elle ajoute deux blessures, ce qui nous en fait sept, qu’elle relie aux sept chakras. Le chakra concerné est bloqué, l’énergie ne circule plus bien, il n’y a pas d’harmonie lorsqu’il y a blessure :

  • De rejet = 1er chakra ;
  • De privation = 2e chakra ;
  • D’humiliation/abus = 3e chakra ;
  • D’abandon = 4e chakra ;
  • De négation = 5e chakra ;
  • De dévalorisation = 6e chakra ;
  • De trahison = 7e chakra.

A chaque blessure, l’auteure associe une force positive, une force négative, un mode de défense et le plus passionnant… une pratique sexuelle. Personnellement, j’ai trouvé très intéressant ce rapprochement entre blessure de l’enfance, blocage d’un chakra et conditionnement limitant notre comportement sexuel. Pour ma part, j’ai effectué le chemin inverse : j’ai d’abord repéré le descriptif qui se rapprochait le plus de ma pratique sexuelle, lequel m’a amenée ensuite vers la confirmation de ma blessure dominante.

Chapitre 2. L’ombre et la lumière

  1. Définition de la lumière
  2. Définition de l’ombre
  3. Le couple de réparation
  4. L’inévitable réveil de l’ombre
  5. Le réveil de l’ombre dans le couple de réparation
  6. Sexualité et réveil de l’ombre

De nos blessures d’enfance émanent notre lumière et notre ombre, soit ce que nous exposons de nous sous les projecteurs d’un côté et ce que nous ne voulons pas exposer de nous aux autres.

Notre blessure crée une croyance à partir de laquelle naît un moyen de défense, à partir duquel nous adoptons certains comportements. Par l’effet de miroir inversé, nous choisissons inconsciemment l’artisan de notre bonheur, le partenaire avec lequel nous allons réactiver nos blessures. Ainsi, nous allons revivre un scénario, fut-il douloureux par le passé, avec cette fois, l’espoir d’une happy-end… C’est le couple de réparation, celui où chacun projette que l’autre va le guérir de sa blessure et lui permettre d’exprimer enfin ce qu’il cache, son ombre, pour finalement le réunifier dans sa lumière et son ombre. Mais cela n’est qu’une croyance illusoire, la réalité étant plus complexe.

Chapitre 3. Nos fantasmes sexuels comme miroir de notre ombre

  1. Sept blessures essentielles, sept manières d’investir la sexualité
  2. Ces croyances qui nous bloquent
  3. Nos fantasmes sexuels dévoilent notre ombre
  4. Vivre nos fantasmes pour intégrer notre ombre

Notre élan vital, pour ne pas dire notre sexualité (vitale), nous aide dans notre cheminement intérieur. L’auteure étudie ici nos fantasmes sexuels en tant que parties de nous-mêmes que nous refoulons, notre ombre. Grâce à un décodage liminaire, Baudoux nous invite à vivre nos fantasmes, ce qui est une prise de position pour le moins originale. Par cette prise de liberté, notre couple peut accéder au couple dit d’évolution. Cette étape peut s’avérer douloureuse car elle suppose d’oser dévoiler nos fantasmes à notre partenaire, que nous aimons et que nous ne souhaitons pas faire souffrir, et qu’à son tour, lui ou elle accueille nos fantasmes…

A noter : l’étude systématique menée sous forme de tableaux rapprochant chaque chakra à une blessure, une forme de sexualité et un type de fantasme est aussi étonnante que passionnante.

Chapitre 4. La réunification ombre-lumière

  1. Comment affronter le réveil de l’ombre ?
  2. Définition de la Réunification
  3. Sortir de la dualité pour aller vers la réunification : l’épreuve
  4. La relation sexuelle : un des chemins vers la réunification

L’idée fondamentale est que la réparation de notre blessure doit se faire par nous-même et non via l’autre. C’est ce qui nous permet de ne pas nous diriger vers un partenaire de réparation mais vers une relation d’évolution. Cette épreuve authentique et cruciale est celle du feu, où nous affrontons le réveil de notre ombre. Epreuve qui peut néanmoins nous mener au paradis, si tant est que nous soyons capables de la vivre, en dépassant tout processus d’évitement et en osant vivre nos fantasmes.

« Pour nous aider à reconnaître cette voix de notre âme, pour savoir quelle est réellement la direction qui est la meilleure pour nous, regardons celle qui nous fait le plus peur. C’est souvent cette direction-là qu’il convient d’emprunter. Plus nous sommes terrorisés à l’idée d’aller dans cette direction précise, plus nous pouvons être certains que c’est le bon chemin. » (p. 146) : tout un programme, au-delà des peurs, des doutes et de la raison qui nous habitent…

Chapitre 5. Energie masculine, énergie féminine

  1. Définition de l’énergie masculine positive et négative
  2. Définition de l’énergie féminine positive et négative
  3. Le chakra du cœur : point de rencontre de ces deux énergies
  4. Une société dont le féminin est réprimé
  5. L’unification en soi de ces deux énergies : l’Androgynat intérieur

Chaque énergie, qu’elle soit masculine ou féminine, comporte un versant positif et négatif. Evidemment, nos blessures inspirent le versant négatif des deux énergies. Notre réunification nous amène à retrouver leur versant positif. Cet équilibre, positif, permet à chacun de réaliser son androgynat intérieur, de dépasser toute envie de lutte de pouvoir, d’aspirer à une harmonie de paix et d’amour intérieurs. La voie du milieu se pose entre le donner et le recevoir, l’amour de l’autre et l’amour de soi, la fusion et la défusion, l’union sexuelle et spirituelle.

Chapitre 6. Quelle route à parcourir ensemble ?

  1. La « Prêtresse »
  2. Le « Mage »
  3. Sexualité et circulation de l’énergie : La « Boucle Cœur-Sexe »
  4. La relation sexuelle comme source d’énergie

Nous nous dirigeons vers le stade ultime : celui qui amène au couple initiatique. « La Prêtresse aime ce qu’elle est, elle fait ce qu’elle aime elle Fait ce qu’elle Est. » (p. 206) tandis que le Mage « tâche d’être, jour après jour, le créateur de sa vie » (p. 218). Leur transformation en conscience se met au service de leur relation puisqu’ils ont transcendé leur dualité et ont ouvert leur cœur : celui qui donne reçoit et celui qui reçoit donne. L’ouverture des chakras permet la circulation d’un flux énergétique qui part du sacrum et remonte jusqu’au-dessus de la tête : c’est la fameuse et merveilleuse kundalini.

Chapitre 7. Une sexualité extatique

  1. L’extase, c’est quoi ?
  2. La double voie vers l’extase
  3. Le couple initiatique
  4. La relation sensuelle et sexuelle comme porte vers l’ouverture de la conscience
  5. L’apothéose…

Nous entrons alors dans la crème des crèmes : abandon, lâcher prise, éveil des sensations, respiration harmonieuse, présence au présent, fluidité énergétique, conscience de la vie et exploration de sa dimension sacrée. L’énergie cœur-sexe et sexe-cœur circule avec fluidité, chacun veillant à lui et à sa relation pour se diriger vers une sexualité extatique, c’est-à-dire extérieure à soi. C’est aussi la complétude et l’apothéose d’un corps en tant que porte vers une âme qui aspire au plaisir de l’élévation. Voici donc le chemin que nous propose de suivre l’auteure. A quoi pourrions-nous aspirer de plus fort ?

Merci pour les Chatouilles, Andréa !

Puissant, violent, poignant, drôle, effrayant, désespérant, dansant, joyeux, résilient… et, étrangement, énergisant : voilà les premiers qualificatifs qui viennent à l’esprit au sujet du film d’Andréa Bescond et Eric Métayer, Les Chatouilles.

Andréa Bescond, c’est cette danseuse qui interprète seule en scène depuis 2014 les chatouilles ou la danse de la colère, le spectacle qu’elle a écrit et dont elle a tiré son film. Un spectacle qui se clôture chaque soir depuis quatre ans par une longue standing ovation d’un public bouleversé. Le film aussi a reçu une impressionnante standing ovation de vingt minutes lorsqu’il a été projeté dans la catégorie « Un certain regard » au festival de Cannes de 2018. Et il faut bien reconnaître que le film d’Andréa Bescond ne laisse pas d’autre choix au spectateur que de plonger dans les tréfonds de son intériorité pour y rencontrer son émotion primaire, archaïque.

Cet enfer, c’est son enfance

Le film raconte l’histoire vraie d’Andréa petite fille, rebaptisée Odette, qui a subi à partir de 8 ans les viols répétés du meilleur ami de ses parents. Ce mari respectable et père de trois garçons justifiait son intérêt pour la petite Odette par son regret de ne pas avoir eu de petite fille. Un discours bien rôdé qui lui permettait à tout moment de rendre visite à l’enfant, d’entrer dans sa chambre, de l’amener à ses cours de danse ou de l’inviter à la montagne. Autant d’occasions, autant de viols. Tantôt ils jouent à la poupée (c’est Odette la poupée), tantôt ils jouent aux chatouilles (c’est-à-dire à la pénétration).

Cet enfer, c’est son enfance.

C’est son enfance, mais ce n’est pas le film, qui part de cette situation désespérante, tant les parents sont aveugles et la petite fille abandonnée à son malheur, pour nous emmener dans le vécu de la jeune adulte à partir du moment où elle décide de se libérer de l’emprise de son tortionnaire.

Les violences sexuelles, une bombe à fragmentation

Dans une alternance de flashbacks et de scènes tournées au présent, le film se déploie simultanément selon quatre directions : l’enfance, la danse, le travail de réparation thérapeutique et judiciaire, et la vie amoureuse et familiale d’Odette-Andréa. Evidemment inspirée de la danse, cette construction créative évite au spectateur de s’immerger dans la tragédie des débuts, beaucoup plus évoquée que montrée.

Elle a aussi l’immense intérêt de nous plonger dans les conséquences du viol de l’enfant. Car il n’existe aucun aspect de la vie adulte qui serait épargné par l’incroyable déflagration provoquée par les violences sexuelles — à ce sujet le Dr. Violaine Guérin, qui a fondé l’association Stop aux violences sexuelles, évoque une « bombe à fragmentation ».

Danser pour échapper aux violences sexuelles

Pratiquée assidûment, la danse fournit un exutoire et un espoir – parfois déçu – d’échapper aux violences sexuelles. Elle procure un magnifique moyen d’expression de la souffrance et de la colère d’une victime habitée par son indicible secret, qui la lie à son bourreau. Car, pendant des années, Odette garde le secret sur ce qui se passait avec Gilbert, le pédophile.

Il y a dans ce film des moments d’une beauté absolue, d’un choc inouï, qui claquent en plein visage : ce sont ces moments où Andréa danse seule sur un fond noir, noir comme l’obscurité des cauchemars, noir comme le lieu d’où elle émerge, noir comme la mort d’où naît la vie. Je pense par exemple à ce passage invraisemblable de puissance, où Andréa tremble de tout son corps, s’effondre, se relève, tremble de tout son corps, s’effondre, se relève…

La danse fournit aussi des scènes pittoresques, improbables ou carrément drôles, comme la rencontre fantasmée de la narratrice, sa thérapeute (remarquablement interprétée par Carole Franck) et Noureev sur la scène de l’Opéra de Paris.

Un mélange de fantasme, rêve et réalité

Nombreux sont les moments comiques qui trouvent leur origine dans la relation, d’abord méfiante, puis tendre et enfin apaisée, entre Odette et sa psychothérapeute. L’histoire nous est d’ailleurs rapportée au fil des séances de thérapie, qui constituent une sorte de fil rouge entre les scènes qui nous montrent ce qui est dit en cours de séance. Et comme la réalisatrice s’exprime en vérité, elle n’hésite pas à montrer aussi comment il lui arrive de déformer la réalité, ou de mélanger fantasme et réel, voire fantasme, rêve et réel. Ce qui donne parfois des moments très amusants, où le spectateur ne parvient plus à faire la part du réel et celle de l’imaginaire.

Au-delà de la drôlerie de la chose, on comprend aussi que le rêve, le fantasme, l’imaginaire constituent les refuges habituels de la petite fille maltraitée. Et en effet, comment survivre à l’horreur si ce n’est en se dissociant, en se coupant de ses sensations corporelles et en investissant le non-réel ? Une tactique bien connue de toutes les victimes et de leurs thérapeutes.

Une vie bouleversée

Andréa nous donne aussi à voir en quoi le parcours judiciaire peut s’avérer source de réparation pour la victime, mais aussi de souffrance du fait, par exemple, de l’incompréhension des proches : dans le film, la mère reproche avec véhémence à sa fille d’intenter une action en justice à l’encontre de son agresseur. Son père et son compagnon, au contraire, la soutiennent. Et l’on peut s’interroger au sujet du Masculin/Yang agresseur d’un côté, combattant l’injustice de l’autre face au Féminin/Yin victime d’un côté, complice de l’injustice de l’autre.

Car la vie familiale et amoureuse d’Odette est évidemment bouleversée de fond en comble par la révélation des violences sexuelles subies pendant tant d’années. On a peine à croire que la mère — Karin Viard, incroyablement juste dans son rôle — éprouve si peu de compassion pour sa fille, dont elle ne cesse de minimiser le vécu. C’est à se demander si elle ne l’a pas toujours su, si elle n’a pas, en quelque sorte, consciemment « vendu sa fille » à ce Gilbert qui leur a prêté de l’argent à un moment économiquement difficile. A moins qu’elle n’ait elle-même été victime de violences sexuelles par le passé, et soit restée avec l’idée que l’on doit accepter ce destin de femme, que c’est comme ça et qu’il n’y a rien à gagner à faire des histoires. Et peut-être, d’ailleurs, les deux explications sont-elles justes.

Il faut écouter son enfant, ne pas douter de sa parole

Dans tous les cas, la seule issue pour Odette consiste à décider de ne plus rien attendre de sa mère, cette femme incroyable qui la rejoint à une séance de thérapie pour que la psychologue puisse « entendre un autre son de cloche » ! Quant au père, un Clovis Cornillac émouvant, certes il demande pardon à sa fille de ne pas l’avoir protégée, mais on le voit aussi dédaigner avec un mépris amusé les avertissements d’un ami, qui trouve que Gilbert passe quand même beaucoup de temps avec Odette.

On sort de ce portrait familial en s’interrogeant sur le degré d’écoute que nous autres adultes nous accordons à nos enfants : est-ce vraiment de l’écoute ? C’est d’ailleurs ce que dit Andréa Bescond (Télé Z, 20/11/2018) : « Il faut écouter son enfant, ne pas douter de sa parole. »  Et le génie du film consiste à nous montrer comment une petite fille que ses parents n’écoutaient pas ne parvient pas, une fois grande, à parler à son conjoint, comment elle se montre réellement incapable d’expliquer ce qui la hante, de justifier son comportement, incompréhensible pour quelqu’un qui ignore l’essentiel.

Un chef d’oeuvre

Car on ne peut en aucun cas attendre d’une victime d’agression sexuelle qu’elle fasse abstraction de son histoire dans sa vie courante. Les agressions sexuelles — qui touchent, rappelons-le, au moins un enfant sur cinq, dans tous les milieux socio-professionnels — marquent les victimes au fer rouge. Il s’agit d’un traumatisme quasi-indélébile, celui dont il est le plus difficile de se guérir, loin devant les faits de guerre par exemple.

Les chatouilles est de mon point de vue un réel chef d’œuvre, qui parvient à faire ressentir dans sa chair aux spectateurs la réalité de l’agression sexuelle sans pour autant les noyer dans le pathos. On ressort de ce film à la fois sonné, ému, mais aussi énergisé, prêt à affronter le monde tel qu’il est, avec son injustice et sa souffrance. C’est un film-thérapie, qui nous rend pleinement vivants et responsables de notre vie. Merci, Andréa.

 

La sexualité enracinée, voie de spiritualité

Le temps est à la brume, il fait humide et froid dehors, les feuilles des arbres tombent en pluie sur le sol détrempé par une humidité fine, et je viens de me promener longuement en forêt de Rambouillet, en admirant les couleurs de l’automne, qui s’est maintenant bien installé.

Retour à la maison. Le poêle chauffe fort, et la lumière tombe déjà : sans doute, l’atmosphère automnale, qui m’évoque si fort mon enfance en Limousin, participe-t-elle au choix du sujet de cet article. Car novembre, c’est le mois de l’année où la sève des arbres inverse son parcours et, au lieu de nourrir les branches jusqu’aux feuilles, plonge au plus profond pour alimenter leurs racines. C’est la saison des plantations : en novembre, les racines de l’arbre nouvellement planté en terre se fraient leur chemin et s’enfoncent profondément, alimentées par la sève, ce qui promet une belle tenue en avril, lorsque la sève reprendra le chemin du feuillage.

Plus profondes les racines, plus hautes les feuilles !

Ce qui est vrai pour les arbres l’est aussi pour nous. Développer son enracinement, en relation avec le premier chakra, est la condition pour développer la spiritualité en soi, en lien avec le septième chakra. Le premier et le septième chakras sont d’ailleurs les seuls des sept principaux à être orientés verticalement, constituant ainsi les deux extrémités d’une sorte de « flûte intérieure », qui nous relie simultanément à la Terre et au Ciel.

Ne pas choisir entre la matière et l’esprit

C’est pourquoi il ne s’agit pas dans notre vie de choisir entre l’une et l’autre dimension, la matière ou l’esprit, mais bien de grandir, comme un arbre, dans les deux directions avec, sans doute, des périodes d’alternance où l’une est privilégiée sur l’autre. Tout ce qui est développé dans un sens est appelé à nourrir la polarité opposée au moment du retour de balancier. A tout instant, nous nous situons quelque part entre les deux polarités, « plutôt » matérialistes ou « plutôt » spirituels. Même si, bien sûr, chacun de nous a une inclination naturelle qui le porte dans un sens ou dans l’autre.

Mais ce n’est pas très important, car les contraires s’attirent, et notre chemin d’individuation consiste toujours, comme l’explique Jung, à nous tourner vers les parties de nous qui sont dans l’ombre pour les amener à la lumière, le tournant se produisant en général vers le milieu de la vie, vers 40-50 ans. C’est pourquoi les plus spirituels d’entre nous se sentent attirés par le matériel, parfois à leur corps défendant, tant que les plus matérialistes ont un peu de mal à comprendre comment ils en arrivent à s’intéresser de plus en plus aux questions spirituelles qu’ils dédaignaient autrefois.

Le spirituel se nourrit du matériel, et réciproquement

Les exemples ne manquent pas qui nous montrent le fort déséquilibre d’une orientation monodirectionnelle, que ce soit le tout-matière ou le tout-esprit. Est-il besoin d’évoquer longuement les ravages de la société Occidentale sur la nature, qui sont évidemment le produit d’une civilisation ultra-matérialiste ? Sur un plan individuel, nous avons aussi des exemples connus de personnalités exclusivement tournées vers la matière, l’accumulation. Et l’on voit bien le vide abyssal que cela représente sur le plan spirituel. Mais l’inverse existe aussi : une société trop tournée vers le spirituel aux dépens du matériel produit une pauvreté extrême et un état sanitaire déplorable, dont on ne peut affirmer qu’ils soient souhaitables.

Ce n’est d’ailleurs pas que le matériel ou le spirituel « purs » soient intrinsèquement mauvais. Ce serait plutôt le matériel déconnecté du spirituel ou le spirituel déconnecté du matériel qui sont problématiques. Car l’un se nourrit de l’autre, et réciproquement. On le voit au niveau individuel : une personne équilibrée et bien dans sa peau prend autant de soin de son confort matériel que de son développement spirituel, car elle sait que les deux ont autant d’importance : un aspect n’a pas plus, ni moins, de valeur que l’autre.

Accéder à l’illumination par le corps

Et tout ça commence par le matériel, le corps, la structure, l’enracinement. C’est logique : ne sommes-nous pas des êtres incarnés ? Incarnés, c’est-à-dire faits de chair. Nous devons donc, dans une première partie de notre vie, conforter le corps physique avant de nous tourner vers les corps éthériques. Cela s’explique aussi parce que le corps est le moyen d’accès au spirituel. La méditation, la prière, l’illumination, sont des phénomènes corporels et des manifestations charnelles de l’esprit. On n’y accède que par le biais du corps.

Le premier chakra, siège de la sexualité

Voilà pourquoi l’enracinement est essentiel dans la pratique tantrique, comme dans toutes les autres pratiques spirituelles. Il est important de pouvoir se reposer sur un premier chakra robuste, bien développé, pour pouvoir accéder aux suivants et laisser la kundalini parcourir la flûte intérieure. Un individu doté d’un premier chakra bien harmonisé bénéficie d’une forte envie de vivre, d’une bonne connexion à la terre, d’un bon enracinement dans l’existence. Le premier chakra canalise l’énergie terrestre montant par les pieds et les jambes, puis il la fait monter le long de la colonne vertébrale. Associé aux glandes surrénales et situé au niveau du périnée, ce premier chakra, appelé Muladhara en sanskrit ou, plus simplement, chakra racine, dessert la moelle épinière et les reins. C’est le siège de nos besoins fondamentaux, de la survie, de la sécurité, du bien-être, de la vie matérielle et de la sexualité.

La sexualité favorise la spiritualité

On le voit, tout comme le premier chakra favorise l’accès au septième, la sexualité enracinée favorise la spiritualité. J’insiste encore sur la notion d’enracinement : le Tantra ne dit absolument pas que la multiplication des aventures d’un soir, des « petits coups rapides » permet d’accéder à la spiritualité. En revanche, pratiquée de façon sereine, tranquille et « sacrée », la sexualité constitue la voie d’accès par excellence à des états de conscience subtils et élevés qui ouvrent au spirituel. Elle renforce les liens entre les partenaires et sacralise, là encore, leur union, ce qui les amène progressivement à attribuer une valeur spirituelle à leur couple. C’est bien pourquoi Tantracouple considère que le couple constitué est le terrain par excellence de la pratique du Tantra, bien que l’on puisse évidemment le pratiquer aussi en célibataire.

Développer l’enracinement

Il existe de nombreux exercices pour développer son enracinement. Certaines positions ou méditations spécifiques sont enseignées dans nos stages et nos ateliers, comme, par exemple, les célèbres méditations dynamiques d’Osho. Avouons-le, elles ne sont pas forcément simples à pratiquer au quotidien, à la maison. Mais il existe aussi des moyens très simples : marcher, de préférence dans la forêt, sur l’herbe ou sur la plage, dans l’idéal pieds nus ; danser le plus souvent possible, exercer les muscles de son périnée… Et aussi s’exercer à prendre plaisir aux aspects matériels de son existence, déguster les moments de bien-être en y attachant l’importance qu’ils méritent. Quoi de mieux que le confort chaleureux de son chez-soi en plein mois de novembre pour cela ?

Guillaume

La Source des Femmes : mon film de chevet !

Un film aux multiples thématiques tantriques : les femmes, les hommes, le couple, la relation, la sexualité, la fraternité, la sororité. Le film aurait pu s’appeler La Guerre des sexes ; sont traités des sujets tels que le pouvoir, le contre-pouvoir, le mariage (forcé), la virginité et la répudiation.

Le premier film dont je souhaite parler ne vient pas de sortir mais il reste mon coup de cœur ! Il s’agit du film classé dans le genre comédie dramatique – La Source des Femmes. Sélectionné au festival de Cannes en 2011, ce film belgo-italien-français a été réalisé par un homme, d’origine roumaine, Radu Mihaileanu.

Le film raconte l’histoire de femmes vivant dans un village du Maghreb qui doivent aller chercher quotidiennement l’eau jusqu’à une source située loin dans la montagne, pour la ramener au village.

Pendant ce temps, les hommes, pour beaucoup d’entre eux, flânent au café du village.

Or, ce chemin vers la source est dangereux, escarpé, et parfois, certaines femmes, sous le poids de l’eau qu’elles transportent, tombent. Les femmes enceintes n’ont pas de répit et continuent de transporter ces fardeaux, si bien que certaines d’entre elles en viennent à perdre l’enfant qu’elles portent à la suite d’une fausse couche. Avec le risque d’être répudiées par la suite car considérées stériles.

C’est à la suite d’un de ces drames que la jeune mariée Leïla décide de faire agir les femmes et lance la révolte. Cette étrangère, « venant d’un village plus au sud », se révolte pour que cette tradition cesse, toute tradition n’étant pas bonne à perpétrer. C’est donc l’abstinence sexuelle qui est lancée tant que les hommes oisifs n’iront pas chercher eux-mêmes l’eau pour le village ou ne trouveront pas une solution ! Vieux Fusil, une femme d’âge mûr et au caractère bien trempé, épaule Leïla en fédérant les femmes du village autour d’elles deux.-

De la guerre des sexes

Dans le film, le moyen choisi par les femmes pour faire pression auprès des hommes est inattendu et original. Il ne s’agira pas de priver la communauté d’eau, première option à laquelle nous aurions tous probablement pensé. L’alternative retenue porte sur la sexualité : la grève du sexe. Ces femmes s’imposent en imposant à leur conjoint et donc à leur couple l’absence de tout acte sexuel. Dans cette optique-là, bien évidemment, il est entendu que le couple ne s’adonne pas non plus à des caresses ou à des jeux parallèles sans pénétration. On peut voir ainsi que l’intimité des couples représentée dans le film se concentre sur l’acte sexuel lui-même et qu’il n’y a pas de parasexualité imaginée.

Relation homme-femme : un sujet universel

Le réalisateur présente son film comme un conte et prend soin de ne pas préciser l’endroit où se trouve le village pour ne pas réduire la thématique à un pays ou à une culture. D’autant plus qu’il n’est pas d’origine arabe mais roumaine.

L’histoire n’est pas sans rappeler Lysistrata, comédie grecque antique d’Aristophane (411 av. J.-C.), où la belle Athénienne, Lysistrata, persuade les femmes de la capitale à mener la grève du sexe tant que les hommes n’auront pas cessé la guerre entre Athènes et Sparte.

L’intérêt du film est qu’il ne tombe pas dans le piège de la caricature. Il n’y a pas les femmes, bonnes, d’un côté et les hommes, méchants, de l’autre. Le spectateur est témoin de la souffrance des un(e)s et des autres, hommes et femmes. Certaines de ces dernières défendent ouvertement la position ancestrale et traditionnelle et se placent du côté des hommes contre les femmes. C’est ainsi que la belle-mère de Leila l’apostrophe par « L’eau sert à la maison. C’est à la femme d’aller la chercher ! C’est la tradition. C’est ainsi depuis la nuit des temps ! Ce n’est pas toi qui vas tout changer ». Et Leila lui répond : « Dans la nuit des temps, les hommes travaillaient tous aux champs, s’occupaient des animaux, faisaient la guerre. Aujourd’hui, il y en a qui sont partis à la ville. Mais ceux qui sont restés au village font quoi ? ».

Progressivement, le spectateur participe d’un véritable laboratoire sociosexuel : les hommes deviennent plus ou moins agressifs, demandent à ce que les femmes du village soient répudiées. L’un d’eux, le beau-frère de Leïla, va plus loin et viol(ent)e son épouse. Il la soumet au sexe cru dans l’intimité conjugale, qui n’en est d’ailleurs pas une puisque la scène se passe sous l’œil contraint de leurs deux fils. Cette scène dramatique représente un triple viol : –– direct sur sa femme ;

– indirect sur ses fils placés en position de spectateurs puisqu’ils dorment dans la même pièce. Avec un viol scopique pour l’aîné qui regarde horrifié la scène et un viol auditif pour le cadet qui entend malgré lui mais ne voit pas car son grand frère cherche à le protéger en lui cachant les yeux…

Féminisme versus masculinisme

Ce film ne dresse pas un tableau où toutes les femmes seraient contre tous les hommes. La réalité n’est pas si simple, certains hommes étant plus féministes que certaines femmes et inversement.

Parmi les hommes du village, il y a un personnage central, Sami l’instituteur, celui qui est le plus instruit, celui qui a à cœur l’accès pour tous au savoir et qui œuvre pour que tous les enfants, filles et garçons, cheminent jusqu’à sa classe. Surtout il veut les sensibiliser à la liberté de pensée, que ces enfants osent penser par eux-mêmes.

Marié à Leïla, la meneuse, il la soutient dans son combat, d’abord en toute discrétion. C’est cet homme qui lui dit lors d’un moment d’intimité : « Tu as le droit de te battre. Fais la grève de l’amour avec amour et respect ». C’est également lui qui cherche à l’instruire en lui offrant Les Mille et Une Nuits, série anonyme de contes d’origine persane et indienne qui fut écrit en arabe. Dans ce recueil, Shéhérazade, grâce à son audace (puisqu’elle demande à épouser le Sultan qui est censé la faire exécuter le lendemain de leurs noces) et à ses qualités de narratrice, échappe à la mort.

Néanmoins, Sami est aussi l’homme qui doute par moment, rattrapé par son éducation, sa culture, son idéal féminin, la pression familiale, en particulier maternelle et ses valeurs morales. Alors, il dit à son épouse : « Lorsqu’on démarre une guerre, il faut savoir l’arrêter ».

Enfin, il y a le père de l’instituteur, le beau-père de Leïla, qui se montre globalement plus ouvert et plus féministe que sa propre femme, laquelle s’oppose clairement au combat de sa belle-fille.

Mon aguiche : une histoire à voir pour femmes, hommes et couples

Le titre du film ne doit pas être trompeur. Il s’adresse autant aux femmes qu’aux hommes et bien évidemment aux couples. Leïla Bekhti, qui joue le rôle de Leïla, affirme « Pour moi, c’est pas du tout un film sur la religion. Ça parle des hommes et des femmes ».

J’y ajouterai « et des couples » puisque la relation homme-femme est centrale dans le film…

De nombreuses thématiques sont soulevées :

  • la place des femmes au sein du couple et de la société ;
  • la place des hommes au sein du couple et de la société ;
  • la place du couple dans la société ;
  • la place de la sexualité dans la société ;
  • le poids de la culture et des traditions sur la sexualité ;
  • le rapport de force qui émerge, les tensions voire les agressions dans une communauté où la sexualité est coupée.

Au-delà de ces thématiques passionnantes mais très sérieuses, certains passages du film sont profondément joyeux et plus légers, notamment lorsque les femmes se retrouvent au Hammam, ou encore lorsqu’elles chantent et dansent pour célébrer une naissance au village, ou lorsqu’elles font une représentation au marché du village voisin. Tout cela dans une énergie de sororité. La scène où elles dansent et chantent devant des touristes fraichement arrivés au village est délicieusement drôle :

Sans l’eau au village,
Il n’y a point de soulagement pour nous,
Alors ce chant, cette danse disent
Les paroles te sont dédiées
Pas d’eau ?
Ta semence ne fertilisera plus
Nos belles terres
Je veux un frigo et des médicaments
Je veux une Mercedes
Une machine à laver

Les hommes qui forment un cercle à ce moment-là, sont pris en otage. Sous un sourire crispé, ils doivent dissimuler leur mécontentement et continuer de les applaudir. Et lorsqu’un des touristes demande au guide qui les accompagne « Qu’est-ce qu’elles disent ? », il répond « Elles vous remercient à travers leur chant pour votre générosité. Le village est content »

Le chant final est plus profond dans sa dimension métaphorique : « La terre dit qu’elle ne peut donner la vie sans eau. La source divine des femmes, ce n’est pas l’eau, la source des femmes c’est l’amour ».

Et oui, on en arrive toujours au même et à ce qui nous porte tous – l’Amour.

En conclusion, film à voir :

  • seul(e) ou accompagné(e) ;
  • en version originale (arabe maghrébin ou darija) sous-titrée français et non en version doublée, of course !

Sabrina

 

Tantracouple, pourquoi ?

Tantracouple condense en un mot ce qui nous passionne tous les deux, Sabrina et moi : la pratique du Tantra d’une part, la vie du couple de l’autre.

Lorsque nous avons débuté le Tantra ensemble, nous étions à la fois attirés et effrayés par ce que nous nous apprêtions à faire. Il nous a fallu plusieurs stages pour nous détendre vraiment dans notre pratique, mais à chaque fois nous avions le sentiment d’avoir franchi un pas supplémentaire en direction de notre liberté d’être qui nous sommes.

Chaque stage amenait sa révélation, parfois tendre, parfois joyeuse, parfois difficile. Et chaque stage nous permettait d’avancer encore un peu vers nous-mêmes, et vers un couple serein, pacifié, uni.

En gagnant en autonomie, en liberté individuelle, chacun de nous apportait quelque chose de plus à notre couple. C’est magnifique, d’être à nouveau choisi comme compagnon de route par une femme chaque jour un peu plus libre !

Le Tantra est avant tout une voie de la conscience

Car le Tantra est avant tout une voie de la conscience : quoi que je fasse, je le fais en conscience. C’est-à-dire en prenant la responsabilité de mes actes. Amener cette conscience dans le couple change la relation en profondeur, pour le meilleur.

Par exemple, il existe plusieurs exercices de Tantra qui enseignent à dire « Non ». Vous croyez que c’est facile ? Eh bien, pas du tout ! Mais quand on sait enfin dire vraiment « Non » à ce que l’on ne veut pas, notre « Oui » a soudainement beaucoup plus de valeur, d’intensité, de profondeur. Et l’on a gagné en liberté. Ce genre d’exercice transforme le quotidien. Car une fois que vous savez dire « Non » quand vous pensez « Non », vous ne dites plus jamais « Oui » pour faire plaisir, éviter des histoires ou gagner en tranquillité. C’est valable dans la rue, au bureau et, bien sûr, dans son couple. Un simple changement comme celui-là transforme toute notre expérience de vie. Vous commencez alors à vivre « en conscience ».

La relation devient plus dense, plus vraie, plus profonde

Cette vie « en conscience » est meilleure que la vie « hors conscience ». Meilleure pour soi, d’abord, meilleure pour le couple, ensuite. Car elle amène à prendre la responsabilité intérieure d’avoir choisi ce partenaire-là, cette vie-là, ce couple-là. Alors, forcément, la relation change de nature. Elle devient plus dense, plus vraie, plus profonde. Et du coup, s’il y a des difficultés dans le couple (et quel couple n’en a pas ?), les partenaires conscients en prennent la responsabilité et s’attachent à les résoudre ensemble.

Le couple devient alors le lieu de la recherche de sa propre amélioration, pour le bien de chacun des partenaires et pour le bien du couple lui-même. Le projet du couple, finalement, devient d’améliorer le couple. Un peu comme on améliore une maison qu’on aime, pour s’y trouver mieux.

Nous espérons contribuer à améliorer votre relation de couple en vous procurant des outils variés pour que vous soyez à même d’avancer ensemble sur ce chemin.